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NATHAN GILL ÊTRE Traduction de Philippe de Henning |
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ÊTRE / GILL Nathan
Unicité ou Être, bien qu’indivisible, pourrait être considéré comme ayant deux aspects : la conscience, et le contenu de la conscience apparaissant maintenant. Alors que peut-il être fait pour détourner l’attention de l’histoire personnelle ? Rien ne peut être fait, car il n’est, en réalité, aucune entité présente qui pourrait faire quoi que ce soit. L’histoire personnelle est ce qui donne l’impression d’un « quelqu’un » qui accomplit des choses, opère des choix, prend des décisions, etc, alors qu’en réalité, ce quelqu’un, ou « moi », est simplement un commentaire émergeant avec tout le reste de ce qui apparaît. Mais qui le voit comme un commentaire ? Le fait d’entendre qu’il n’est rien à faire peut être très frustrant tant qu’il demeure le sentiment d’un quelqu’un capable de faire quelque chose. Oui, toutes les fois où il y a la notion d’un « quelqu’un », il y aura une impression correspondante d’agitation ou de frustration, le besoin de combler un sentiment de manque. Il se peut que la tentative de combler ce sentiment de manque prenne la forme de pratiques diverses, comme le questionnement de soi ou la méditation, ou il se peut aussi qu’entendre une simple description de tout ceci soit suffisant pour que la recherche soit vue pour ce qu’elle est réellement. Dans les moments où survient une compréhension de ce dont vous parlez, il y a un réel sentiment de soulagement. La compréhension peut certainement engendrer un profond sentiment de soulagement. Mais la compréhension (dans le sens où j’utilise ce mot) demeure encore quelque chose qui fait partie de l’histoire « moi ». Mais la compréhension peut-elle également conduire hors de l’histoire, conduire à l’illumination ? Si l’histoire est vue pour l’histoire qu’elle est, aucune compréhension ou quoi que ce soit d’autre n’est requis pour « conduire hors » d’elle. Alors, percer l’histoire à jour, ou la disparition de l’histoire — est-ce l’illumination ? « L’illumination » paraît être importante uniquement du point de vue du « moi ». Seule l’histoire « moi » exige l’illumination. Votre véritable nature est Être, et Être est déjà tout ce qui est (même lorsqu’il semble que cela soit ignoré) sans aucune exigence quelle qu’elle soit. Donc, même l’apparente ignorance de Votre nature véritable est encore une expression de Votre nature véritable ? Toute ignorance et toutes histoires ayant trait à surmonter l’ignorance sont la parfaite expression de l’Être. Il est impossible d’éviter d’Être. Quelle difficulté y a-t-il à être ? Être est toujours, indépendamment de ce qui apparaît. Toute une variété d’enseignants prescrit des méthodes et des techniques qui semblent produire des résultats. Oui, et tout aussi souvent, elles ne produisent pas de résultats. C’est une histoire intéressante, n’est-ce pas ? Alors tout cela se produit comme cela se produit ? L’enseignant prescrivant une technique, les étudiants pratiquant la technique et des résultats qui surviennent ou non — sans qu’il puisse en être autrement ? Exactement. Tout se produit entièrement de soi-même car il n’est personne en fait pour faire arriver quoi que ce soit. « Je » fait partie de ce qui se produit, il n’en est pas la cause. Tout se passe peut-être de soi-même, et pourtant il semble souvent qu’il y ait un « moi » faisant des plans, prenant des décisions, faisant des choses. C’est le commentaire de la pensée qui, semble-t-il, divise ce qui apparaît en un quelque chose en train d’être fait par un quelqu’un. Un abandon soudain et total de la notion « moi », de l’identification — quelle qu’elle soit — pourrait aussi avoir lieu, bien entendu. Oui, cela pourrait arriver à mi-parcours de l’histoire. Mais l’identification pourrait réapparaître ? Peut-être la notion « moi » pourrait-elle ressurgir, mais tout va-et-vient n’est rien de plus que le jeu de la vie. En ce qui concerne Votre nature en tant qu’Être, l’absence ou la présence d’un soi personnel est sans conséquence. Être simplement est, et toutes ces apparences et survenues diverses peuvent simplement être décrites comme le divertimento cosmique. En fait, rien ne s’est jamais passé. |